Par Invarture · Mis à jour le 5 octobre 2026 · Temps de lecture : 9 min
Constituez ou rafraîchissez vos données de test SAP par copie partielle cohérente et anonymisée de la production. Vous gardez des scénarios de bout en bout réalistes, vous rafraîchissez à la demande, et aucune donnée personnelle n’est exposée dans vos systèmes hors production (souvent moins sécurisés…).
Vous pilotez la recette SAP. La date de go-live est validée en CAB. La recette démarre sur un mandant rafraîchi il y a huit mois (voir plus !). La moitié des cas de test tombe sur des clients bloqués, l’autre tourne sur des données recréées à la main. Et le DPO demande ce que contient ce mandant. Les données de test SAP sont devenues à la fois le goulet d’étranglement de la recette et un sujet RGPD. Voici comment les traiter côté QA, avec des retours d’expérience réels.
Données de test SAP : de quoi parle-t-on exactement ?
Les données de test SAP, ce sont le customizing, les données de base et les documents transactionnels dont un scénario a besoin pour s’exécuter dans un système hors production : intégration, recette, pré-production, formation. Un test de facturation SD ne demande pas seulement un client. Il demande le client, sa zone de vente, ses conditions, une commande, une livraison sortie de stock et les écritures FI qui suivent. Cette chaîne fait la valeur d’un jeu de test, et sa difficulté.
Trois sources existent : la copie système, la saisie manuelle ou par script, et la copie sélective d’un sous-ensemble cohérent. La première domine, parce qu’elle est « simple ». Mais elle coûte cher par rapport au besoin (copie complète avec un historique pouvant remonter à de nombreuses années, des données obsolètes, etc.) et elle inquiète le DPO.
Pourquoi les données de test SAP sont-elles un enjeu de planning et de RGPD ?
Côté planning, une copie complète demande une fenêtre d’indisponibilité, puis un post-traitement. Lors d‘un Invarture User Day, l’un de nos clients a même indiqué lors d’un REX que « les refresh ou client copie génèrent plusieurs jours d’indisponibilité ». Résultat : on rafraîchit rarement, et on teste sur des données qui ont évolué dans leur environnement isolé et ne ressemblent plus à celles de la production.
Côté RGPD, copier les données de production en recette oblige à s’intéresser aux données personnelles : l’article 5 du règlement impose des données « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire ». En ce qui concerne les mesures de sécurité pouvant être mises en œuvre, l’article 32 cite la pseudonymisation et le chiffrement. Et c’est OK pour le niveau d’information nécessaire aux tests : nul besoin du vrai nom du client ni de son IBAN réel, une donnée au bon format, cohérente avec le reste du document fait l’affaire.
Comme le précise le responsable du centre d’excellence SAP d’ENGIE, lors d’un REX Invarture : « Ce sont ces environnements là qu’il fallait anonymiser, pour répondre aux demandes de la CNIL, mais également pour la sécurité des SI. »
Quels problèmes de données rencontrez-vous en recette ?
Sur le terrain, ce sont toujours les mêmes situations qui font déraper une campagne de tests :
- Le refresh qui bloque la recette pendant trois semaines : chez Tilburg University, le post-traitement d’une copie complète prenait 2 à 3 semaines, selon EPI-USE Labs.
- Le jeu de données recréé à la main : une commande facturée ne se refacture pas ; chaque campagne consomme son stock de données.
- Les flaky tests dus aux données : le script d’automatisation est correct, c’est la donnée qui a disparu ou changé de statut depuis le dernier passage.
- L’incident de production impossible à reproduire : sans le document exact et son historique, le support teste à côté du problème.
- Le mandant ouvert « en attendant l’anonymisation » : intégrateur et équipes offshore travaillent sur des données en clair, accessibles largement.
- La recette où les métiers ne savent pas quoi tester: faute de retrouver leurs cas réels, ils valident à vue.
Le point commun : la donnée de test est traitée comme un sous-produit du refresh, pas comme un livrable de la QA.
Comment constituer des données de test SAP fiables et conformes ? Les premiers pas
Cinq étapes suffisent pour reprendre la main dès la prochaine release.
- Cartographiez vos mandants hors production
Pour chacun : source, date du dernier refresh, utilisateurs internes et externes, présence de données personnelles en clair (oui ou non). C’est d’ailleurs la première pièce qu’un auditeur demande. - Définissez le périmètre utile avec les métiers
Quelles sociétés, quelle période, quels objets vos scénarios utilisent-ils réellement ? Quelques mois de transactions suffisent souvent ; ce périmètre écrit devient votre justification au titre de la minimisation. - Fixez les règles d’anonymisation avec le DPO et la sécurité
Un champ, une règle. Exigez deux propriétés : des formats valides (un IBAN anonymisé passe le contrôle de clé) et la cohérence entre tables (le client anonymisé porte le même nom dans la commande, la facture et la relance). - Anonymisez avant l’ouverture, dans le même mouvement que la copie
Aucun testeur ne se connecte avant la fin du traitement. - Cadencez le rafraîchissement sur vos releases
Un refresh de mandant avant chaque campagne, et des copies d’objets à la demande entre deux campagnes pour un scénario ou un incident. Si vous automatisez vos tests, branchez la constitution des données dans la chaîne (voir Comment automatiser tous mes tests de bout-en-bout dans SAP ?).
Copie complète, saisie manuelle ou copie sélective : quelle option pour votre recette ?
| Critère | Copie système ou client copy | Saisie manuelle ou scripts | Copie sélective anonymisée (type DSM) |
|---|---|---|---|
| Réalisme | Maximal | Faible à moyen | Élevé (données réelles transformées) |
| Cohérence de bout en bout | Native | À construire scénario par scénario | Préservée par l’outil (intégrité référentielle) |
| Délai de mise à disposition | Plusieurs jours, post-traitement compris | Long, et à refaire à chaque campagne | Quelques heures à quelques jours selon le périmètre |
| Exposition RGPD | Forte sans anonymisation | Faible | Faible si l’anonymisation précède l’ouverture |
| Autonomie de la QA | Nulle (dépend de la Basis ou de l’hébergeur) | Totale mais coûteuse | Forte sur les copies d’objets à la demande |
| Limite | Volume, indisponibilité | Couverture, maintenance | Cadrage du périmètre et des règles |
Data Sync Manager, d’EPI-USE Labs, permet de créer des copies partielles cohérentes de données de production. Pour la QA, trois modules sont particulièrement adaptés :
- Client Sync™ crée des mandants allégés et entièrement fonctionnels, soit « une alternative à un refresh de système complet » selon EPI-USE Labs.
- Object Sync™ permet la copie par les utilisateurs fonctionnels de scénarios à la demande tout en préservant l’intégrité des données : vous copiez l’objet et ses dépendances, sans attendre le refresh.
- Data Secure™ anonymise avec des règles prédéfinies, avec plus de 1 300 champs SAP couverts.
Bien sûr, des exceptions sont toujours possibles : la copie complète reste pertinente pour un test de performance à pleine volumétrie ou une répétition de cutover. Et les règles d’anonymisation demandent un vrai travail avec le DPO.
Notre approche, en tant que distributeur et intégrateur de ces solutions certifiées SAP, consiste à cadrer le périmètre avec vos équipes QA, paramétrer les règles et traiter les autorisations dès le départ.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre Livre Blanc : Faciliter la mise en conformité au RGPD dans une optique SAP.
Que montrent les retours d’expérience Sanofi, XPO Logistics et Tilburg University ?
Sanofi : des tests en masse sans recréer les jeux de données
Le programme « Shift, One ERP » de Sanofi mutualise 9 back-offices sur une plateforme S/4HANA 1610 (FI, CO, MM, SD), pour 1 600 utilisateurs. Le besoin exprimé : une copie de mandant avec sélection de données, une synchronisation des master data et une copie d’un flux de production pour analyse en non-production. L’objectif QA tenait en une phrase : « Être capable de dérouler des tests en masse sans avoir à recréer les jeux de données. »
Certes, « l’implémentation est un peu plus longue que prévue initialement », et « les problématiques d’autorisation sont souvent un point de ralentissement ». Cependant, David Demarest, SHIFT Platform Management Lead, reconnaît que le bilan a été positif (« L’outil est très flexible et bénéficie d’une bonne ergonomie »), et que les logiciels d’EPI-USE Labs constituaient « la seule solution du marché capable de répondre à toutes les exigences spécifiques de notre projet, en particularité la compatibilité avec S/4HANA ».
XPO Logistics : un environnement complet sur un week-end
Damien Debertrand, Head of IT Shared Services Projects, l’affirme lui aussi : « Le tuning de Data Sync Manager sur notre environnement et les tests de performance associés ont été particulièrement réussis et nous permettent maintenant de monter un nouvel environnement SAP sur un week-end ».
Tilburg University : de 6 semaines à 4 heures
Le refresh de Tilburg University, lui, est passé de 6 semaines à 4 heures. Tina Dirkx-Marien témoigne d’une copie de données sans incident, effectuée trois fois, en une demi-journée d’exécution.
Que change le thème de l’USF 2026 pour vos données de test SAP ?
La Convention USF se tient à Strasbourg les 14 et 15 octobre 2026 sur le thème « La souveraineté européenne : un défi pour garantir la confiance dans nos applications ». L’USF résume l’objectif ainsi : « En renforçant la souveraineté, il s’agit de maîtriser pour ne plus subir. » Le premier angle cité est « une question d’indépendance et de confiance, vis-à-vis des multiples acteurs des écosystèmes numériques ».
La recette est justement l’endroit où ces acteurs se croisent : intégrateur, TMA, testeurs offshore, éditeurs d’outils. Gianmaria Perancin, président de l’USF, place parmi les « conditions indispensables » de la souveraineté « la localisation des données, l’indépendance juridique, la transparence sur les sous-traitants » (L’USF Mag n°68). Une copie de production en clair dans un mandant de recette sous-traité, c’est une donnée dont vous ne maîtrisez plus ni la localisation ni les accès. La maîtrise des données de test SAP fait donc partie de la confiance dans vos applications.
À Strasbourg, le 15 octobre à 15h15, David Demarest interviendra lors du REX « Sanofi transforme sa gestion des données de test sur SAP S/4HANA avec Data Sync Manager » animé par EPI-USE Lab. Une occasion de bénéficier d’un témoignage de 1ère main !
En résumé, des données de test SAP fiables reposent sur trois choix : copier le périmètre utile plutôt que toute la base, anonymiser avant d’ouvrir, et cadencer le rafraîchissement sur vos releases. Pour approfondir la qualité des données de recette, vous pouvez consulter un autre de nos articles : Comment bénéficier de données de test SAP de qualité et à jour ?
Questions fréquentes
Peut-on utiliser des données de production SAP pour les tests ?
Le RGPD ne l’interdit pas en tant que tel. Mais il impose de limiter les données au nécessaire (article 5) et de les protéger selon le risque (article 32). Quand des données anonymisées permettent les mêmes tests, des données personnelles en clair en recette sont difficiles à justifier.
Comment anonymiser des données de test SAP sans casser les scénarios ?
Il faut des formats valides et une cohérence entre tables : une même valeur source donne la même valeur anonymisée partout. Les montants, quantités et dates restent en général intacts. Validez les règles sur un périmètre pilote avec la QA avant de généraliser.
Combien de temps faut-il pour rafraîchir une recette SAP ?
Une copie complète demande souvent plusieurs jours, post-traitement compris. Avec une copie sélective, Tilburg University est passé de 6 semaines à 4 heures, selon EPI-USE Labs. Le délai réel dépend de votre volume et de votre infrastructure.
Quelle différence entre Client Sync et Object Sync ?
Client Sync crée un mandant complet mais allégé, par exemple une période de transactions avec le customizing et les données de base. Object Sync copie à la demande un objet métier précis et ses dépendances, d’un système à un autre. Le premier sert au refresh de campagne, le second aux besoins ponctuels et à la reproduction d’incidents.
Passer à l’action
Vous voulez savoir ce que contiennent vraiment vos mandants de recette, et combien de jours vous pourriez gagner sur votre prochain refresh ? Invarture vous propose un diagnostic de vos données de test (fraîcheur, périmètre, données personnelles en clair), suivi d’une démo Client Sync et Object Sync sur un scénario proche du vôtre. Nous pouvons aussi en parler à Strasbourg pendant la Convention USF sur le Stand 63 ou le Stand 64. Prendre rendez-vous.